© olly | Fotolia

A chacun son sommeil… Avec une particularité liée à l’âge, l’adolescent a besoin de davantage de sommeil, d’un minimum de 8 heures chaque nuit et au mieux de 10 heures.
La  structure du sommeil (les différentes phases) se modifie lors du passage de l’enfance à l’adolescence. Le sommeil devient plus léger. Le sommeil lent profond qui était très important chez l’enfant, diminue en proportion et en durée. Cette diminution est liée à la puberté, époque où de nombreux changements hormonaux surviennent.
Sur le plan des rythmes biologiques, l’horloge interne de l’adolescent a tendance à se décaler avec un endormissement et un réveil plus tardifs.

L’organisation du sommeil

La nuit est une succession de 5 à 6 cycles de sommeil, d’environ 90 minutes, qui contiennent tous du sommeil lent léger, du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal, en quantité variable selon l’avancée de la nuit. Ainsi, la première partie de nuit est très riche en sommeil profond alors que la fin de nuit privilégie le sommeil paradoxal. Chaque cycle se termine par une très brève période d’éveil, souvent inconsciente, avant de passer au cycle suivant. C’est pourquoi lorsqu’on est préoccupé cette courte période d’éveil se traduit par un authentique réveil, avec parfois de grandes difficultés à se rendormir.

Le sommeil lent profond

Le sommeil lent profond a un rôle majeur dans la récupération physique, la restauration de l’énergie, l’adaptation à l’environnement et les sécrétions hormonales. C’est durant ce stade de sommeil que sont sécrétées notamment l’hormone de croissance qui participe à la régénération et à la croissance de l’organisme, et l’insuline qui permet de réguler le taux de sucre dans le sang, permettant l’optimisation du métabolisme. Le système immunitaire lui aussi est très actif, déchets et toxines sont éliminés du corps au cours du sommeil.

Le sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal est plus orienté vers les processus psychologiques et cognitifs. C’est dans ce stade de sommeil que les rêves aux scénarios les plus élaborés surviennent. Le rêve est présent dans les autres stades de sommeil mais ce sont des rêves plus simples, un peu comme des pensées dont on garde peu le souvenir. Ce sommeil paradoxal représente environ un quart du temps de sommeil, tout comme le sommeil lent profond. L’activité mentale ne s’arrête jamais ! Le cerveau trie, ordonne, et supprime les informations nocives accumulées pendant la journée. Il consolide la mémoire, ce qui favorise les apprentissages et aide à réguler les émotions, par les rêves notamment. L’activité cérébrale est intense, mais paradoxalement (d’où ce nom de sommeil paradoxal), le corps est complétement inerte. Il existe dans ce stade de sommeil une érection du pénis ou du clitoris et ceci à tous les âges de la vie. Cette érection n’est pas corrélée à une activité onirique à contenu sexuel.

Le sommeil permet aussi de restaurer la vigilance ce qui évite coups de pompe et baisse de régime dans la journée.

Le sommeil, comment ça marche ?

Le sommeil ne survient pas sur commande. Le moment idéal pour s’endormir est très personnel. Il dépend à la fois de son rythme biologique et de la pression de sommeil accumulée. Plus longtemps on reste éveillé et plus notre corps fabrique de véritables “somnifères” naturels au fur et à mesure de la journée. Le cerveau possède une horloge biologique réglée sur environ 24 heures, qui régule tous les rythmes : sécrétions des hormones, fluctuation de la vigilance, cycle de la température interne… L’organisme n’est donc pas en capacité d’obtenir un sommeil de qualité à n’importe quel moment des 24 heures. Cette horloge est relativement stable et met quelques semaines à changer de rythme si vous partez faire un voyage à l’étranger en changeant de fuseau horaire par exemple.

Ainsi, récupérer du temps de sommeil le week-end avec de longues grasses matinées n’est pas toujours “rentable”, car la qualité du sommeil se détériore quand le sommeil est trop décalé : deux heures de décalage entre l’heure de lever de la semaine et celle du week-end est le maximum de ce que peut absorber l’horloge biologique sans conséquences négatives. Un lever trop tardif le dimanche diminue la pression de sommeil en fin de journée et il devient difficile de s’endormir le dimanche soir à une heure acceptable ; être en forme le lundi matin sera donc mission impossible. Il vous faudra 2 ou 3 jour pour se remettre du week-end !

Les siestes de fin d’après-midi sont à éviter aussi : une sieste en fin de journée, même courte, entraîne une chute de la pression de sommeil, et il est alors ensuite quasiment impossible de s’endormir le soir.

L’horloge biologique a besoin de se mettre à l’heure tous les jours. les principaux signaux qui donnent le tempo de la journée sont la lumière et l’activité physique. On les appelle des donneurs de temps. Plus vous êtes exposé à la lumière et plus vous faites d’activités physiques en début de journée, meilleur sera votre sommeil le soir. En revanche attention au sport en soirée : en augmentant votre température interne il va retarder votre heure d’endormissement. Si l’activité sportive ne peut être pratiquée que le soir, essayez de respecter un intervalle d’au moins 2 heures entre la fin du sport et la mise au lit.

C’est principalement la lumière qui donne le signal le plus fort à l’horloge interne. Elle bloque une hormone: la mélatonine. Lorsque la luminosité baisse, donc en fin de journée, la mélatonine commence à être libérée et prépare le corps au sommeil.

Plus l’on s’expose à la lumière le soir par le biais d’écrans riches en lumière bleue (ordinateur, smartphone, tablette et téléviseur…), et moins l’on sécrète de mélatonine ce qui empêchera le sommeil de s’installer.

Trop de temps passé sur écrans le soir retarde le moment 
où l'organisme va ressentir des signaux de sommeil.

Quelles sont les durées de sommeil recommandées pour les adolescents ?

A chacun son sommeil, il y a des petits dormeurs, qui ont des petits besoins de sommeil (ce sont eux qui dorment moins de 6 heures à l’âge adulte), et de gros dormeurs, qui ont besoin de plus de 9 heures pas nuit. L’adolescent a encore des besoins de sommeils importants. Pour être en forme, 9 heures de sommeil en moyenne lui sont nécessaires. En dessous de 8 heures de sommeil, il sera bien souvent en privation de sommeil. A partir de 17/18 ans, cette moyenne passe à 7H30/8H de sommeil par nuit.

On distingue par ailleurs le bon dormeur qui garde un sommeil de qualité en toutes circonstances, et le mauvais dormeur, qui lui est sensible à tout changement dans son sommeil (rythmes, environnement…).

Et enfin il y a le très matinal, qui se couche avec les poules et pourra se lever à l’aube, et l’oiseau de nuit, qui aimera veiller tard, mais aura bien du mal à se lever tôt ! Ces tendances sont génétiquement déterminées, on ne choisit pas.

L'adolescent a une tendance naturelle, pendant quelques années, à être plus du soir que l'adulte qu'il sera ensuite. Cela fait partie des modifications normales du sommeil pendant cette période de la vie.

pour savoir quel dormeur nous sommes et ainsi mieux connaître nos besoins de sommeil, compléter un  agenda de sommeil peut être très utile.

À quelle heure faut-il se coucher ?

C’est très variable : certains sont « couche-tôt », d’autres « couche-tard ». Les « couche-tôt » ont du mal à rester éveillés le soir. Ils se couchent de bonne heure, ils sont reposés le matin et peuvent donc se lever tôt sans aucune difficulté. Les « couche-tard » ont du mal à aller dormir le soir. Se lever est difficile s’il faut se mettre en route de bonne heure.

A la fois pour des raisons biologiques et hormonales mais aussi en raison de ses habitudes, l’adolescent a souvent tendance à être « couche-tard ». Mais si le coucher est très décalé, de plus de 2 heures par rapport à l’horaire habituel (qui se situe souvent vers 23 heures), il entre dans un  retard de phase. Alors,  le coucher est constamment décalé, et l’adolescent n’arrive plus à s’endormir plus tôt, ce qui pose problème pour le lever, et généralement, entraîne des conséquences sérieuses sur la scolarité. Seule une consultation spécialisée permettra de faire le point et de proposer des solutions pour recaler le sommeil sur des horaires compatibles avec le rythme scolaire.

Un adolescent dort-il différemment ?

La  structure du sommeil (les différentes phases) se modifie lors du passage de l’enfance à l’adolescence. Le sommeil devient plus léger. Le sommeil lent profond qui était très important chez l’enfant, diminue en proportion et en durée. Cette diminution est liée à la puberté, époque où de nombreux changements hormonaux surviennent.
Sur le plan des rythmes biologiques, l’horloge interne de l’adolescent a tendance à se décaler avec un endormissement et un réveil plus tardifs.

La fatigue peut-elle venir d’un manque de sommeil ?

Entre 12 et 18 ans, en période scolaire, un adolescent manque en moyenne de 1 à 2 heures de sommeil par nuit. Pourtant, il a autant besoin de dormir qu’à n’importe quel âge, peut-être même plus du fait de la croissance… Les adolescents sont donc souvent fatigués parce qu’ils ne dorment pas assez tout simplement. La dette de sommeil, en devenant chronique, contribue à aggraver les troubles du sommeil car elle favorise le « rattrapage » le week-end. L’alternance veille/sommeil devient donc irrégulière.

Comment bien structurer le sommeil ?

L’homme est un animal diurne. Il dort la nuit et est actif le jour. Pour bien fonctionner sur le plan physiologique,  il doit être en phase avec les signaux de l’environnement transmis par la lumière du soleil. C’est pourquoi la lumière naturelle est si importante pour l’être humain.

L’alternance lumière/obscurité est fondamentale pour structurer le rythme du sommeil. En particulier, voir la lumière naturelle le matin est très important pour permettre au sommeil de se caler sur 24 heures. De petites astuces comme marcher pour aller au collège ou au lycée permet de voir la lumière du jour et de faire un peu de sport. La lumière artificielle, en effet, n’est pas suffisante pour donner au cerveau les informations sur le jour et la nuit. Pire, cette lumière qui éclaire de plus en plus les villes, ou la lumière  des écrans (téléphone, ordinateur, tablette) qui nous poursuit jusqu’aux portes du sommeil, sont autant d’éléments perturbateurs des rythmes biologiques.

Même si la lumière est le synchroniseur le plus important, toutes les activités régulières ayant un rythme répété –  école, repas, activités physiques, sorties en extérieur -,  sont  également des signaux  repérés par le cerveau pour remettre à l’heure ses horloges internes. Ce sont elles qui ensuite préparent le corps pour toutes les grandes fonctions de l’organisme (s’endormir, se réveiller, avoir faim, être plus performant…).

Quelques conseils pour les jeunes

  • L’activité physique a un fort impact sur les rythmes biologiques. Privilégie-la le matin. Le soir, elle risque de retarder ton heure d’endormissement.
  • Quel que soit le temps qu’il fait, promène-toi  en extérieur pour recaler ton horloge interne.
  • Évite de passer trop de temps sur les écrans :  ton portable, ton ordinateur ou des jeux après 22h. Ces activités stimulent le cerveau et te maintiennent artificiellement éveillé.
  • N’oublie pas de couper les alertes de ton portable en allant te coucher, et de préférence, garde ton téléphone à distance du lit.

Contenus complémentaires