© abasler | Fotolia

Réponses aux questions sur le sommeil de bébé

Est-ce qu’on est long ou court dormeur dès la naissance ?

Chaque enfant a des besoins en sommeil qui lui sont propres et le temps de sommeil nécessaire peut varier de deux ou trois heures selon les enfants. Certains nouveau-nés dorment 20 heures par jour, d’autres 6 heures de moins, la moyenne se situant autour de 16 heures. Mais à cet âge il est difficile d’étiqueter ces enfants de “courts” ou longs “dormeurs”. La quantité de sommeil nécessaire pour chaque enfant est liée à des facteurs génétiques. L’environnement (le rythme des parents, la régularité du rythme des siestes, des levers et couchers) et l’éducation, influencent aussi les besoins en sommeil.

Un enfant reposé sera calme, attentif, de bonne humeur. En revanche, si l’enfant se montre agité, irritable, c’est, probablement,  qu’il manque de sommeil.

Mais pourquoi pleure-t-il ?

Les pleurs peuvent avoir de multiples causes. Chez le nouveau-né, les périodes de pleurs sont normales. Devant tous pleurs anormaux assurez-vous d’abord qu’il n’a pas de fièvre ou de régurgitations et que rien ne le gêne.

Même s’ils peuvent sembler longs aux parents, les pleurs sont souvent nécessaires au bébé pour s’endormir. Il peut même pleurer dans son sommeil agité, pendant plusieurs minutes. Il faut éviter de le sortir de son lit, vous l’empêcheriez de continuer son sommeil et l’habitueriez à se réveiller complètement.

Par ailleurs, certains nouveau-nés peuvent pleurer désespérément sans que cela soit anormal. Vers un mois, les pleurs apparaissent souvent à horaire régulier, plutôt en fin d’après-midi ou en début de soirée. Le terme « colique du nourrisson » ou « pleurs inexpliqués » correspond à des pleurs prolongés survenant chez des nourrissons en parfaite santé. Ces pleurs disparaissent vers l’âge de 4 mois.

Aucune cause spécifique, y compris digestive (malgré le terme de colique du nourrissonContractions spasmodiques et douloureuses des intestins qui surviennent chez le bébé souvent après la tété ou le biberon et qui entraînent des pleurs inconsolables.) n’a été mise en évidence pour expliquer ces pleurs excessifs et toutes les études révèlent que le développement futur psychomoteur, émotionnel et intellectuel de ces enfants reste strictement normal.

Quelques pistes pour vous aider à faire face :

– privilégiez un éclairage sombre ou l’obscurité, un lieu calme et silencieux (sa chambre par exemple) ;

– vous pouvez aussi le garder dans vos bras ou dans les bras de tout adulte bienveillant, immobile ou promené tranquillement en écharpe ;

– un bain d’eau tiède, pris dans le calme et une semi-obscurité, peut aider le bébé à se détendre et à s’endormir.

Cette situation peut être très stressante et on peut se sentir dépassé(e), excédé(e). Si vous craignez de perdre la maîtrise de vous-même, n’hésitez pas à passer le relais à un autre adulte, mais aussi à le laisser seul dans son lit, en sécurité,  le temps de l’apaiser et vous aussi.

Le petit nourrisson manifeste sa faim par des pleurs, mais aux alentours de 6 mois un enfant en bonne santé n’a plus besoin de manger la nuit. Il doit s’habituer à ne plus être alimenté pendant cette période et les parents doivent éviter de répondre systématiquement aux appels nocturnes par des interventions alimentaires, sauf contre-indication médicale.

Quel est le rythme des siestes ?

Leur durée est très variable d’un enfant à l’autre, et parfois chez un même enfant d’un jour à l’autre. Le nombre de siestes et leur place dans la journée se modifient avec l’âge. A 6 mois, le nourrisson fait généralement 3 siestes : une le matin, une en début d’après-midi, une en fin d’après-midi. La sieste de fin d’après-midi est la première à disparaître, entre 9 et 12 mois ; celle du matin disparaît entre 15 et 18 mois ; celle du début d’après-midi est généralement perdue entre 3 et 6 ans.

La durée et l’horaire des siestes devront être appropriés à l’âge de l’enfant. En effet, trop de siestes, une sieste supprimée trop précocement, une sieste d’après-midi se prolongeant après 16 heures, ou encore une sieste de matin trop précoce (avant 9 heures du matin), peuvent entraîner un retard du coucher et des éveils nocturnes.

A partir de quand fait-il normalement ses nuits ?

Tout d’abord, « faire ses nuits » est très relatif. Cela veut simplement dire que l’enfant a un sommeil plus continu la nuit et qu’il dort 5 ou 6 heures d’affilées sans éveils de longues durées.

En général, c’est aux alentours de 4 mois que le sommeil du bébé se régularise. Parfois même plus tôt. Mais il est difficile de donner un âge précis étant donné la grande différence d’un enfant à l’autre. Tous les bébés se réveillent entre deux cycles de sommeil : réveillé quelques minutes, il peut rester calme dans son lit et se rendormir seul. Il n’y a de problème que si l’enfant réveille ses parents, s’il a besoin d’être alimenté, s’il a besoin de ses parents pour se rendormir.

Doudou, ou pas doudou ?

Le doudou permet à l’enfant de s’apaiser au moment où il doit se séparer de ses parents pour s’endormir. Dès les premiers mois, le bébé peut déjà identifier des objets familiers dont la vue, le contact et l’odeur, assurent une fonction de réassurance au cours des séparations, et notamment, au moment de l’endormissement. Pour le bébé ce lien d’attachement n’est pas conscient, c’est un lien sensoriel qui prolonge le contact physique avec sa figure d’attachement (personne prenant en charge le soin et le bien-être de l’enfant). Certains enfants se l’approprient très bien, d’autres moins. Il n’est donc pas indispensable, mais si votre enfant adopte un doudou mieux vaut l’avoir en plusieurs exemplaires !

Tétine, ou pas tétine ?

La succion a un effet apaisant et ralentit  le rythme cardiaque. Elle permet à l’enfant de rentrer plus facilement dans le sommeil. Il a été montré qu’au cours des 6 premiers mois l’utilisation de la tétine a également un rôle protecteur de la mort subite du nourrisson.

Les difficultés surviennent lorsque le bébé s’est habitué à avoir la tétine en bouche pour s’endormir, elle devient alors un mode d’endormissement : si bien que le bébé qui se réveille la nuit s’apercevant qu’il ne l’a plus près de lui, va logiquement la réclamer à chaque fois. Pour que bébé puisse gérer tout seul sa tétine, il faudra très tôt lui montrer le geste à faire en la lui remettant dans la main puis en amenant sa main à la bouche.

Garder un biberon la nuit ou pas ?

Quelques repères pour vous aider : on sait qu’un bébé de 4 kg est capable de faire 5 repas par jour, et qu’un bébé de 5 kg n’a besoin que de 4 repas par jour. Ainsi, à partir de 6 mois, l’horloge biologique étant bien en place, le nourrisson n’a, en principe, plus besoin de s’alimenter la nuit.

D’ailleurs, les pleurs pendant la nuit ne signifient pas forcément qu’un enfant a faim et le faire boire de  trop distend la vessie et contribue à fragmenter le sommeil.

Si on souhaite favoriser l’apprentissage de l’autonomie au sommeil, il est important de dissocier alimentation et sommeil. Si le biberon ou la tétée est un mode d’endormissement systématique, les réveils nocturnes naturels risquent d’être difficiles à gérer : bébé ne saura pas se rendormir sans téter et réveillera ses parents plusieurs fois dans la nuit.

Conseil  :  Le biberon  devrait être pris hors de la chambre et du lit. Si l’habitude a déjà été prise, vous pouvez  diminuer progressivement sur 10 à 15 jours la quantité et  de chaque biberon nocturne en augmentant la proportion d’eau composant le biberon.

Co-dodo ou pas ?

Tradition ancestrale dans laquelle le bébé partage la couche de ses parents, ce mode de couchage reste pratiqué dans beaucoup de pays notamment au Japon, en Afrique ou au Maghreb. Il existe diverses formes de co-dodo : par exemple, au Vietnam, les parents dorment sur des nattes à côté du bébé qui est dans un hamac.

Dans les pays occidentaux, cela reste déconseillé pour les nourrissons de moins de 6 mois car les lits pour les adultes (avec les oreillers, les édredons, etc.) augmentent le risque de syndrome de mort subite du nourrisson ou de suffocation. Le risque de suffocation est particulièrement important lorsque le matelas ou l’oreiller sont trop mous et la couette épaisse, si le parent a consommé de l’alcool ou des somnifères, ou s’il est en privation de sommeil.

Que faire face aux pleurs du soir ?

Reflets de la mise en place de l’horloge interne du bébé, ils sont quasi inévitables… Ces pleurs incessants du soir se manifestent parfois dès la maternité, parfois quelques semaines plus tard… Ils sont très intenses à la fin du premier mois. Rien ne permet d’apaiser le bébé.  Cette situation peut être très stressante, on peut se sentir dépassé (e), excédé(e). Si vous craignez de perdre la maîtrise de vous-même, n’hésitez pas à passer le relais à un autre adulte.

– Privilégier un éclairage sombre ou l’obscurité, un lieu calme et silencieux (sa chambre par exemple) ;

–  porter bébé dans les bras de sa mère ou de tout autre adulte bienveillant, immobile ou promené tranquillement en écharpe ;

– ne pas le stimuler au risque de le surexciter ;

– donner un bain détente dans l’eau tiède, sans être savonné ni manipulé, toujours dans le calme et l’obscurité, peut aider le bébé à se calmer et à s’endormir.

 

Comment l’aider à s’endormir ?

Faites confiance à votre bébé et laissez le trouver le sommeil par lui-même. Acquérir cette autonomie pendant cette période est bon pour son équilibre et lui permettra d’éviter des difficultés d’endormissement ultérieures. Rappelez-vous que les tout-petits s’endorment en sommeil agité. Donc les pleurs au moment de l’endormissement sont normaux et ne doivent pas vous inquiéter.

  • Couchez-le dès l’apparition des signes de sommeil (frottement des yeux, regard dans le vide, bâillements à répétition, tête qui dodeline…) ;
  • couchez-le dans sa chambre, dans une atmosphère calme et obscure (sauf pour les siestes de jour) ;
  • ne l’endormez pas dans vos bras : il faut qu’il s’approprie son berceau et sa chambre, que ces lieux soient enregistrés dans son cerveau comme lieux de sécurité propices au sommeil. C’est très important. Pensez à mettre en place très tôt un rituel du coucher, qui va permettre au tout petit de préparer la séparation de la nuit. Ce rituel peut évoluer en fonction de l’âge de l’enfant (un câlin, une chanson, puis un livre à lire ensemble…) mais doit toujours exister, car il marque la transition entre la période d’éveil, et le sommeil ;
  • indiquez-lui clairement que c’est le moment de dormir par une petite phrase rituelle du type : « Bonne nuit, à demain » ;
  • sortez doucement de la chambre. Il est en sécurité, vous pouvez quitter la chambre sereinement.

 

Que faire en cas de réveil nocturne ?

Pour un bébé, se réveiller la nuit est normal. Donnez-lui une chance de se rendormir par lui-même.

– Ne vous précipitez pas auprès de lui tout de suite lorsqu’il pleure. Laissez-lui la possibilité de retrouver tout seul son sommeil ;

– ne lui proposez pas le biberon systématiquement. Il ne pleure pas forcément car il a faim, mais il se réveille après un cycle de sommeil. L’odeur du biberon ou du lait maternel transmettrait à son cerveau un message erroné, ce n’est pas l’heure de manger mais de dormir.