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Il  est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller,  mais aussi vous rassurer sur son évolution. Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% des enfants présentent des troubles du sommeil. Le plus souvent, refus du coucher et/ou difficultés d’endormissement.

Les problèmes de sommeil entre la naissance et 3 ans ont une cause médicale dans 15 à 20% des cas seulement. Ce sont les signes qui tendent à se répéter et qui persistent dans le temps, qui peuvent  alerter : le bébé s’agite et crie, il parait souffrir. Il pleure de façon inhabituelle et prolongée, et se montre réticent à toute consolation. Ses pleurs se répètent souvent dans la journée.

Les problèmes médicaux fréquemment rencontrés

La présence de régurgitations peut être un signe évocateur d’un reflux gastro-œsophagien. C’est une cause fréquente, qui affecte le nouveau-né, mais peut aussi ressurgir plus tard après une période d’accalmie.

L’allergie aux protéines de lait de vache peut être difficile à diagnostiquer du fait de symptômes peu spécifiques : la nuit, l’enfant est agité et douloureux, et la journée il se montre irritable et inconfortable. Cette intolérance est souvent héréditaire et associée à un eczéma. Elle est responsable d’environ 10% des troubles du sommeil rebelles du petit enfant.

Au moindre doute, une visite chez votre médecin permettra de faire la part des choses.

De manière ponctuelle, il y a plusieurs pourvoyeurs habituels de réveils nocturnes chez le petit enfant : les coliques, les poussées dentaires, et les otites. La position allongée augmentant la pression dans l’oreille moyenne, les douleurs de l’otite sont exacerbées la nuit. Il n’est donc pas rare d’avoir un bébé qui pleure une grande partie de la nuit et qui s’apaise au matin. Quant aux poussées dentaires, les phénomènes inflammatoires se majorant la nuit, les douleurs sont souvent plus importantes à ce moment-là.

Enfin, il peut s’agir de simples petites erreurs alimentaires : si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre. A l’inverse, une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux ; cela peut aussi augmenter les réveils nocturnes par l’envie de faire pipi. Enfin l’apport excessif de protéines le soir,  entraîne une sensation de soif, la nuit,  et peut provoquer des éveils nocturnes.

La mort subite du nourrisson

Le syndrome de la mort subite du nourrisson touche de 0,03 à 0,09% de bébés de la naissance à 1 an. Il se produit généralement durant le sommeil du bébé : un tout-petit apparemment en bonne santé s’endort et cesse de respirer, sans cause médicale apparente. Même si l’on ne connait pas les causes de ce syndrome, certains facteurs de risque sont bien connus. Certaines mesures de couchage permettent de diminuer efficacement les risques, notamment le fait de coucher le bébé sur le dos, mesure qui fait singulièrement baisser la mortalité observée.

  • Utilisez un matelas ferme bien adapté au lit, sans oreiller ni couette et préférez un sur-pyjama ou une gigoteuse plutôt qu’une couverture 
  • Couchez votre bébé sur le dos
  • Ne fumez pas près de lui
  • N’encombrez pas le lit de jouets ou peluches
  • La pratique du co-sleeping (dormir avec votre enfant) est déconseillée.

Voir “Environnement du sommeil du bébé

Les problèmes comportementaux

Deux cas de figure sont fréquents chez les enfants entre 1 et 3 ans :  les enfants qui n’ont pas envie de s’endormir et ceux qui réveillent leurs parents plusieurs fois par nuit. Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont aussi fréquents. Chez les enfants de 3–4 ans, 22 à 29% ont des problèmes de sommeil, 15% ont des difficultés d’endormissement et 23% se réveillent régulièrement. Dans la plupart des cas, ces troubles sont dus au fait que l’enfant a oublié – ou n’a jamais appris – comment s’endormir seul (voir Les bonnes pratiques du sommeil du bébé).

Mon enfant refuse de s’endormir… que faire ?

Ces comportements reflètent parfois un trouble de la séparation, parfois une opposition pure, souvent une insuffisance de limites. Ils aboutissent presque toujours à un retard du coucher. L’enfant ne sait pas s’endormir seul et associe la présence de ses parents à l’endormissement.

La thérapie comportementale est l’une des techniques possibles pour faciliter cet apprentissage. Elle n’est pas conseillée avant 6 mois car, les premiers mois de vie, le contact physique est indispensable au bébé pour acquérir ce sentiment de sécurité qui lui permettra plus tard d’être autonome dans son sommeil. Elle ne fonctionnera que si les parents sont convaincus de son bien-fondé. Si les parents sont sereins, le bébé le sera aussi ! Se sentant en sécurité, il  pourra apprendre à trouver seul son sommeil. Lors des premiers mois de vie, le plus important pour favoriser l’autonomie au sommeil est déjà de dissocier alimentation et sommeil.

Une thérapie comportementale se prépare

Phase de préparation : dans la journée, instaurer une promenade deux fois par jour,  pour exposer le bébé à la lumière du jour. Y associer des horaires de siestes et de repas réguliers, en évitant toute fin de sieste après 16 h. Renforcer les routines du soir et consolider le rituel du coucher.

Phase de thérapie : bien expliquer à l’enfant ce que l’on va faire, et pourquoi : “Tu vas apprendre à dormir tout seul en sécurité dans ton lit. Papa et maman seront toujours là si tu as besoin d’eux, mais nous pensons que le meilleur endroit pour ton sommeil est ton lit, dans ta chambre…”. Coucher l’enfant à son heure de coucher habituelle et se montrer ensuite le moins interventionniste possible. L’objectif est de permettre à l’enfant de mettre en place des  stratégies autres que la présence de ses parents à son chevet pour se sentir en sécurité.

En pratique : retourner voir l’enfant en espaçant progressivement l’intervalle de  temps entre deux visites. C’est aux parents de choisir, en fonction de leurs convictions, le temps adapté pour que l’enfant apprenne à mobiliser ses propres ressources. Vous pouvez par exemple faire 2 minutes, puis 4 minutes, puis 6 minutes…. ou  5 minutes, puis 10 minutes puis 15 minutes… Ces visites seront brèves, et rappelleront le message délivré initialement.

Une autre technique, le « fading » des anglo-saxons peut être utile chez les enfants qui sortent plusieurs fois de leur lit pour retrouver leurs parents :

  • il faut, dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus fréquemment  endormi. Cela favorisera l’endormissement.
  • Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles utilisées  pour  les enfants ayant des troubles de l’endormissement. Les parents attendent que leur enfant s’endorme sans difficulté. Dès que le sommeil est stabilisé, l’heure du coucher est avancée très progressivement de 5 minutes en 5 minutes, jusqu’à une heure  qui corresponde davantage à son âge et à ses besoins de sommeil.

Mon enfant se réveille plusieurs fois par nuit… que faire ?

Pour la plupart de ces enfants, c’est l’incapacité à trouver le sommeil sans l’aide des parents qui joue un rôle majeur.

Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16% des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Appelée co-sleeping par les anglo-saxons, cette pratique est fréquente dans certaines cultures. Les sociétés savantes de pédiatres déconseillent le co-sleeping, en particulier dans certaines conditions (parents seuls, difficultés conjugales), mais aussi en raison d’un sommeil de moins bonne qualité à la fois pour l’enfant et pour les parents.

Pour les parents qui souhaitent favoriser l’autonomie au sommeil. une thérapie comportementale telle que décrite ci-dessus est une bonne alternative. Contrairement à l’endormissement, il est plutôt recommandé de ne faire qu’une seule visite à l’enfant, et ensuite de ne plus y retourner. Attendre quelques minutes après le réveil de l’enfant, pour lui laisser une chance de se rendormir seul, et aller ensuite faire une brève visite : vérifier que l’enfant va bien, qu’il n’est pas fiévreux, lui faire un petit câlin en évitant de le ressortir de son lit (toujours dans l’idée de faire passer le message que son lit est vraiment l’endroit sécurisé pour la nuit), lui répéter que tout va bien, et repartir pour lui permettre de retrouver, seul, son sommeil.

Les rythmies du sommeil

Les rythmies d’endormissement, souvent anxiogènes pour les parents, car trop méconnues sont pourtant très fréquentes puisqu’elles touchent jusqu’à deux bébés sur trois !
Il s’agit de comportements moteurs répétés impliquant de larges groupes musculaires ; le plus souvent, il s’agit de balancement du haut voire de tout le corps. Ces comportements sont présents au moment de la transition veille-sommeil, c’est-à-dire au moment de l’endormissement et à chaque changement de cycle de sommeil la nuit. Elles débutent généralement autour de 6-9 mois, pour atteindre leur paroxysme à 18 mois. Devant un enfant qui présente un bon développement psychomoteur il n’y a pas lieu de s’inquiéter, ces rythmies sont tout à fait bénignes et disparaissent spontanément vers 4-5 ans.En revanche, il faut savoir protéger l’environnement de l’enfant afin qu’il ne se fasse pas mal : bien caler le lit pour ne pas qu’il bouge, parfois remettre un tour de lit pour ne pas se blesser la tête.

Du ronflement aux apnées du sommeil

Entre 6 mois et 6 ans, 10% des enfants ronflent. L’apnée du sommeil touche entre 2 et 4% de enfants ; celle-ci est plus fréquente chez les 3- 6 ans. Chez le nouveau-né, une respiration irrégulière et un peu bruyante entrecoupée de courtes pauses respiratoires est normale. En revanche, si votre bébé peine pour respirer ou a un rythme rapide qui vous semble anormal, il faut consulter votre médecin. Faire une petite vidéo de votre enfant dans son sommeil, peut aider ce dernier à évaluer les symptômes.

Définition

Lors de la respiration, l’air, avant d’arriver aux poumons, passe par le nez, le pharynx, le larynx et la trachée ; un obstacle au niveau de l’une ou l’autre de ces voies aériennes supérieures va entraîner une vibration de la colonne d’air et produire un bruit. C’est le ronflement.  Lorsqu’il y a une diminution voire un arrêt du passage de l’air, on parle d’hypopnées ou d’apnées du sommeil.
Il existe deux types d’apnées : les apnées centrales (défaut de commande par le cerveau), plus fréquentes chez le nouveau-né, et les apnées obstructives (il y a un obstacle au passage de l’air dans les voies aériennes supérieures) plus fréquentes chez l’enfant.
Chez les bébés nés prématurément ou dans certaines maladies exceptionnelles qui touchent les centres respiratoires du cerveau, l’on peut observer des apnées dites « centrales ». Le bébé s’arrête de respirer car les zones de son cerveau commandant la respiration ne sont pas complètement terminées ou ne fonctionnent pas correctement,  et le conduisent à oublier de respirer parfois.
 Chez quelques bébés, « grands prématurés », ces apnées peuvent être longues et entraîner une diminution de l’oxygène sanguin (le bébé devient bleu). Une surveillance par un moniteur cardiorespiratoire et une ventilation artificielle sont parfois, alors, nécessaires.
Les enfants souffrant d’un syndrome d’apnées obstructives n’oublient pas de respirer. Ils font, au contraire, d’intenses efforts pour  faire passer l’air dans des voies aériennes supérieures partiellement obstruées. Celui-ci circule avec  difficulté et parfois pas du tout. Chez ces enfants, le ronflement est interrompu par des arrêts respiratoires de plusieurs secondes ; la reprise de la respiration s’accompagne d’un ronflement plus intense, puis le ronflement reprend son rythme.
 La fréquence du syndrome d’apnées obstructives du sommeil diminue après l’âge de 6 ans avec la diminution de volume des amygdales et des végétations,  et l’augmentation de calibre des voies aériennes supérieures avec la croissance.
Le diagnostic de syndrome d’apnées du sommeil se pose après enregistrement du sommeil (idéalement par polysomnographie) : une apnée peut être retenue à partir de 3 secondes d’arrêt du flux aérien chez le nouveau-né et 5 secondes chez le nourrisson et l’enfant.

Les facteurs augmentant le risque d’apnées du sommeil chez le petit

Le syndrome d’apnées du sommeil est plus fréquent dans certaines populations d’enfants :

  • les prématurés
  • quand les parents fument (le risque est multiplié par 2) ;
  • en cas d’infections respiratoires à répétitions, d’asthme ou encore  de reflux gastro-oesophagien
  • en cas  de malformation de la sphère oro-pharyngée comme dans certaines maladies génétiques (trisomie 21, syndrome de Pierre Robin…)
  • lorsqu’un parent est atteint d’un syndrome d’apnées du sommeil ;
  • en cas d’obésité.

Les conséquences d’une mauvaise respiration au cours du sommeil

Chez la plupart des enfants, le ronflement est sans conséquence. Lorsqu’il s’accompagne d’une augmentation des efforts respiratoires (avec plus d’1 apnée par heure)  et de perturbations du sommeil,  il y a alors un syndrome d’apnées du sommeil.

Les conséquences des apnées du sommeil ne sont pas anodines :

  • retard de croissance ;
  • conséquences métaboliques (prise de poids, diabète) ;
  • perturbation du développement cognitif ;
  • trouble du comportement de type agitation psychomotrice ;
  • facteur de risque cardiovasculaire à long terme et en l’absence de traitement.

 

Les signes qui doivent alerter

Un enfant atteint d’un ronflement dit « simple », ronfle mais son sommeil est calme. Il est dans la journée bien éveillé, calme, et ne présente aucun trouble du comportement. 
En cas de syndrome d’apnées, le sommeil  de l’enfant est agité. Son ronflement est irrégulier interrompu par des arrêts de la respiration. Il transpire beaucoup pendant son sommeil. Dans la journée, cet enfant est somnolent ou,  à l’inverse,  hyperactif. Il est irritable. Il a des difficultés à se concentrer. Les enfants porteurs d’un syndrome d’apnées du sommeil respirent fréquemment la bouche ouverte. Ils ont souvent une voix nasillarde ou enrouée du fait de l’obstruction provoquée par l’hypertrophie des végétations ou des amygdales.
Si vous avez le moindre doute concernant la respiration de votre enfant dans le sommeil, le plus simple est d’en parler au médecin qui suit votre enfant. En cas de nécessité ce médecin vous orientera vers un ORL qui pourra faire le diagnostic, et enregistrera son sommeil, si nécessaire.

  Pour toute question sur le sommeil du bébé, le Réseau Morphée met à votre disposition un forum Internet anonyme et gratuit sur lequel des spécialistes du sommeil répondent à vos questions.

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