Une première approche peut être réalisée en tenant un agenda du sommeil et en répondant à des questionnaires.

L’agenda du sommeil

Pourquoi tenir un agenda ? Comment évaluer son sommeil, tant en quantité qu’en qualité ? Comment être sûr que l’on a de bonnes habitudes de vie et de sommeil ? En remplissant un agenda du sommeil pendant au moins deux semaines, il est possible de :

  • visualiser sur plusieurs jours le rythme veille/sommeil ;
  • évaluer la durée du sommeil, son organisation jour/nuit ;
  • repérer les horaires d’endormissement après le coucher et les réveils du matin, leur régularité ou irrégularité ;
  • évaluer le délai d’endormissement après le coucher, la durée et l’horaire des réveils nocturnes et des siestes ;
  • suivre d’autres éléments comme la régularité des repas, les activités scolaires et extrascolaires organisées avant le coucher.
    C’est un outil indispensable à la consultation du sommeil.


Exemple d’agenda d’enfant – Avec l’autorisation du Dr Royant-Parola

Les questionnaires utiles et les échelles d’évaluation

De nombreuses versions sont disponibles chez l’adulte, mais peu chez l’enfant. Ils servent à connaître le sommeil et la répartition des activités pendant la journée et la soirée : questionnaire du sommeil, questionnaire de typologie circadienne (alternance veille/sommeil), questionnaire de la qualité du sommeil, etc. Il existe aussi des questionnaires de somnolence permettant de mesurer les échelles de la somnolence pendant la journée afin d’évaluer ses moments d’apparition, son importance et son impact dans la vie quotidienne.

La consultation pour des troubles du sommeil

Si, malgré des efforts pour améliorer le sommeil, les troubles persistent, il faut consulter son médecin. Les consultations du sommeil se font toujours avec un agenda du sommeil tenu sur une période minimale de 15 jours. Pendant cette consultation, toutes les informations concernant le sommeil, l’éveil (horaire, durée, qualité, somnolence, sieste) et le mode de vie seront passés en revue, ainsi que les antécédents familiaux éventuels. Deux solutions apparaissent :

  1. l’origine des troubles est trouvée et il suffit de retrouver une certaine hygiène de vie ;
  2. ou alors le médecin met en place une chronothérapie (soigner par des médicaments donnés en fonction du rythme personnel) (Pas pour cet exemple) ou des traitements comportementaux. Des examens complémentaires peuvent également être prescrits pour étudier les troubles du sommeil.

Les examens complémentaires

L’actimétrie

L’actimètre enregistre le taux d’activité d’une personne durant la nuit et le jour. C’est un petit appareil ressemblant à une montre, porté pendant une période d’au moins deux semaines. Pendant le sommeil, le corps est au repos et l’activité est proche de zéro. La durée et la qualité du sommeil peuvent être mesurées pendant la nuit et le jour, ainsi qu’à l’occasion des heures d’endormissement et de réveil. Cette technique est objective, par conséquent plus fiable que l’agenda, et en présente les mêmes avantages.

Modèles d’actimètres

Exemple d’actimètrie d’un enfant de 12 ans dont le sommeil est  fractionné par des éveils liés à un syndrome des jambes sans repos (avec l’autorisation du Dr Royant-Parola)

Les dosages de mélatonine, de cortisol ou la prise de température

La mélatonine (souvent surnommée “l’hormone du sommeil”) agit sur les rythmes du sommeil. Elle est produite par notre cerveau pendant la nuit et permet un sommeil de bonne qualité. Sa sécrétion commence habituellement vers 20h. Quand elle est décalée, trop tôt ou trop tard, ou si elle est insuffisante, la qualité du sommeil sera moins bonne. Ces dosages peuvent être effectués dans les urines par des analyses toutes les 4 heures pendant 24 heures. Un prélèvement de salive sera également informatif, pratiqué entre 18h et minuit pour préciser le début du pic de sécrétion. D’autres hormones sécrétées pendant la nuit peuvent être mesurées, comme l’hormone de croissance (en début de nuit) et le cortisol (en fin de nuit).  La température corporelle est également un bon indicateur pour évaluer le rythme veille/sommeil. En effet, elle diminue au moment de l’endormissement et s’élève en fin de nuit.

L’enregistrement vidéo

Il permet d’identifier certains troubles du sommeil comme les parasomnies (le somnambulisme par exemple), des efforts respiratoires anormaux ou des apnées en cas de syndrome d’apnées du sommeil.

Les mesures de la saturation en oxygène pendant la nuit

L’oxymétrie permet de faire une estimation rapide de la saturation de l’oxygène dans les artères. Un petit capteur placé autour du doigt ou sur l’oreille détectera  les désaturations (baisse du taux d’oxygène) liées aux difficultés respiratoires. Si ces dernières sont excessives, un problème respiratoire peut alors être rapidement identifié. Cette méthode est utilisée pour le syndrome d’apnées du sommeil ou pour les maladies cardiovasculaires. Si le résultat est normal et qu’il y a des troubles faisant penser à des apnées du sommeil, il faudra faire un examen plus complet comme la polysomnographie.

Les enregistrements polygraphiques ou polysomnographiques

  • La polygraphie ventilatoire

La polygraphie respiratoire permet l’enregistrement des paramètres cardiorespiratoires et de saturation en oxygène sur un petit appareil. L’enregistrement se fait pendant la nuit, associé parfois à un enregistrement sonore ou vidéo. Cet examen est demandé pour exclure un syndrome d’apnées pendant la nuit lorsque les symptômes cliniques diurnes et nocturnes sont présents. Si l’examen donne des résultats évidents, l’examen peut être suffisant mais chez l’enfant, ce n’est pas l’examen idéal pour faire le diagnostic d’apnées du sommeil. Selon la Haute Autorité de Santé, il est recommandé de faire une polysomnographie. Malheureusement peu de médecins spécialisés peuvent les faire et les listes d’attentes sont souvent longues.

L’examen polysomnographique est l’examen de choix pour étudier le sommeil. Il se fait le plus souvent au cours d’une nuit passée en laboratoire de sommeil mais peut aussi être réalisé, à domicile sans hospitalisation (examen ambulatoire). Pour les petits enfants, il est important que les parents rassurent l’enfant et, si possible, dorment avec lui pour éviter que l’enfant ne joue ou n’arrache les capteurs.

Une polysomnographie comporte l’enregistrement de nombreux signaux. Ceux de l’activité électrique du cerveau et de différents paramètres qui permettent, soit de différencier les stades de sommeil, comme les mouvements des yeux et la tension des muscles du menton, soit de rechercher des anomalies associées au sommeil (mouvements des jambes, troubles du rythme cardiaque ou troubles respiratoires).

En pratique, le technicien chargé de l’enregistrement colle des capteurs (électrodes) avec une colle naturelles, sur la tête, les tempes, le menton, les jambes, et le thorax. Deux  ceintures, l’une thoracique, l’autre abdominale, enregistrent les mouvements respiratoires. Des capteurs de son et de position sont collés à la base du cou et sur le thorax. Un autre  en forme de tube, se met sous le nez  permettant ainsi  de visualiser l’air qui passe par les narines. Enfin un doigtier autour de l’index enregistre l’oxygénation du sang.

Tous ces capteurs ne sont pas douloureux, mais sont reliés à des fils qui limitent les mouvements. Chez les enfants  de moins de 3 ans, il est parfois difficile d’expliquer l’examen. L’enfant peut vouloir retirer les capteurs, ou les “gratter” ce qui rend les tracés difficiles à interpréter. Il l faut parfois recommencer un examen lorsque  les signaux ne sont pas satisfaisants.

Exemple de PSGVoici un exemple de polysomnographie réalisée en laboratoire de sommeil

Les tests dans la journée

Ces tests servent à évaluer la propension au sommeil, ou au contraire, à lutter contre le sommeil en conditions monotones. Ils sont réalisés en laboratoire, sous la surveillance d’un technicien.
On distingue :

  • les tests itératif de latence d’endormissement (TILE) : ils permettent d’objectiver la somnolence, d’étudier les modalités d’endormissement  et d’affirmer le diagnostic de narcolepsie dès qu’il y a deux endormissements en sommeil paradoxal ;
  • les tests de maintien d’éveil (TME) : ils permettent d’objectiver la capacité à lutter contre l’envie de dormir.

Le déroulement de ces deux tests est le suivant : à 4 ou 5 reprises, espacées toutes les 2 heures dans la journée, l’on demande à la personne de s’allonger et de se laisser aller au sommeil (pour les TILE) ou de s’ asseoir confortablement dans le noir et de lutter contre le sommeil (pour les TME). Ces tests font suite à une nuit d’enregistrement du sommeil.