© aynur_sh | Fotolia

Comme chez l’adulte,  il y a de grands et petits dormeurs, des couche-tôt et  couche-tard. Ceci est inscrit dans les gènes et se dévoile dès les premiers mois de vie. Bien difficile de parler de « norme » en matière de sommeil. Il faut donc être attentif à son enfant : un bébé qui est en pleine forme lorsqu’il est éveillé est un bébé dont les besoins de sommeil sont respectés.

De 0 à 1 an

Les besoins en sommeil

Le bébé dort beaucoup, En moyenne 16 à 17 heures sur 24 heures. Voir Le sommeil normal du bébé. L’hormone de croissance est sécrétée pendant le sommeil, il est donc important qu’un bébé puisse dormir autant qu’il le veut. Au cours des quatre premiers mois de vie, il faut éviter de réveiller un bébé, sauf dans des cas particuliers comme les prématurés ou les bébés de très faible corpulence, qui ont besoin d’être nourris fréquemment.

Que veut dire "faire ses nuits" ?
Faire ses nuits ne signifie pas dormir de 20H à 8H du matin, cela veut
simplement dire que le bébé est capable de dormir 5 à 6H d'affilée sans éveil de longue durée ni alimentation.

Le lit du bébé

Que bébé soit couché dans la chambre parentale ou dans sa propre chambre, il y a certaines règles à respecter.

  • Couchez votre bébé dans son berceau ou dans un lit d’assez petite taille. Les bébés aiment avoir la sensation de toucher les bords du lit,  cela les rassure.
  • Utilisez un matelas ferme bien adapté au lit, sans oreiller ni couette et préférez un sur-pyjama ou une gigoteuse plutôt qu’une couverture 
  • Couchez votre bébé sur le dos.
  • Ne fumez pas près de lui
  • La pratique du co-sleeping (dormir avec votre enfant) est déconseillée.

Voir « Environnement du sommeil du bébé » et  « Mort subite du nourrisson »

Apprendre à gérer son sommeil

Savoir s’endormir seul est un apprentissage : les parents peuvent décider du moment qui leur semble favorable pour le mettre en place. Pour certains ça sera dès les premiers mois de vie, alors que d’autres préféreront remettre cela à plus tard. L’important est d’être à l’aise avec ce choix, car l’autonomie au sommeil implique un sentiment de sécurité pour le bébé qu’il est bien difficile de transmettre si les parents n’agissent pas selon leurs convictions.

Couchez le bébé dès l'apparition des signes de sommeil (frottement des yeux,
regard dans le vide, bâillements à répétition, tête qui dodeline...)

L’endormissement

Il est important de renforcer les signaux de sommeil avec un rituel de coucher et des horaires de lever, de coucher, de repas et de siestes qui soient réguliers.  Pour qu’un bébé fasse ses nuits, il faut d’abord qu’il soit capable de s’endormir seul. S’il s’endort chaque soir dans les bras, il aura besoin des bras lorsqu’il se réveillera dans la nuit. Après le rituel, couchez le bébé encore éveillé afin qu’il apprenne à trouver lui-même le sommeil.

Le rituel du coucher est un moment d’intimité avec les parents, qui prépare à la séparation de la nuit. Qu’il s’agisse de la lecture d’un livre, d’un câlin, d’une chanson, il ne doit pas durer plus d’une quinzaine de minutes. Sa limite dans le temps renforce son côté sécurisant. Lorsque vous quittez la chambre, dîtes-lui une petite phrase rituelle  et sortez tranquillement de la chambre.

 

Dans la nuit

Au moment des éveils nocturnes, il est important de laisser au bébé le temps de retrouver son sommeil. Ces éveils sont normaux : le bébé reste éveillé plusieurs minutes et se rendort souvent sans intervention des parents. Pendant cette période d’éveil, les bébés jouent, gazouillent et parfois pleurent. Si les parents interviennent à la première manifestation, le bébé n’a pas le temps de se rendormir seul.

Alimentation pendant la nuit

Quelques repères pour vous aider : on sait qu’un bébé de 4 kg est capable de faire 5 repas par jour, et qu’un bébé de 5 kg n’a besoin que de 4 repas par jour. 

En principe, à partir de 6 mois, le bébé n’a plus besoin de tétées pendant la nuit. S’il est encore alimenté, il faudra essayer de supprimer les tétées, soit totalement, soit en diminuant progressivement la quantité de lait des biberons.

Après 4 mois, il est préférable de ne plus endormir le bébé au sein ou au biberon : alimentation et sommeil sont deux moments différents de la journée.

La tétine

Par son effet apaisant, la succion permet de ralentir le rythme cardiaque donc à l’enfant d’entrer plus facilement dans le sommeil. Il a été montré qu’au cours des 6 premiers mois l’utilisation de la tétine avait également un rôle protecteur de la mort subite du nourrisson.

Les difficultés surviennent lorsque le bébé s’est habitué à avoir la tétine en bouche pour s’endormir, elle devient alors un mode d’endormissement : si bien que le bébé qui se réveille la nuit s’apercevant qu’il ne l’a plus près de lui, va logiquement la réclamer à chaque fois. Pour que le bébé puisse gérer tout seul sa tétine, il faudra très tôt lui montrer le geste à faire en lui remettant la tétine dans la main puis en amenant sa main à sa bouche.

Le doudou

C’est souvent vers 6 ou 7 mois que le bébé commence à ressentir le besoin d’un doudou. Le doudou permet à l’enfant de s’apaiser au moment où il doit se séparer de ses parents pour s’endormir. Dès les premiers mois, le bébé peut déjà identifier des objets familiers dont la vue, le contact et l’odeur, assurent une fonction de réassurance au cours des séparations, et notamment, au moment de l’endormissement. Pour le bébé ce lien d’attachement n’est pas conscient, c’est un lien sensoriel qui prolonge le contact physique avec sa figure d’attachement (personne prenant en charge le soin et le bien-être de l’enfant). Certains enfants se l’approprient très bien, d’autres moins. Il n’est donc pas indispensable, mais si votre enfant adopte un doudou mieux vaut l’avoir en plusieurs exemplaires !

Faire la différence entre le jour et la nuit

Il s’agit de lui faire comprendre qu’il ne vit pas de la même façon la nuit que le jour, et qu’il y a un temps pour dormir et un autre pour les activités. La nuit on alimentera le bébé dans une demi-obscurité, au calme, en lui parlant peu et avec le moins de gestes possible. On se contentera d’un petit câlin avant de le recoucher.

Dans la journée, le bébé doit être couché dans son lit dès qu’il commence à présenter des signes de fatigue. Pour les siestes, il ne faut pas qu’il soit dans le noir total, un peu de lumière dans sa chambre lui permettra de différencier les siestes du sommeil de nuit. S’il a tendance à inverser son rythme jour/nuit, il conviendra de renforcer le contraste jour/nuit en ouvrant les volets dès le matin,  afin que la lumière du jour pénètre dans la chambre à heure régulière.

© Vasilev Evgenii | Fotolia

Quel doit être le rythme des siestes ?

Nombre de siestes

Sieste du matin Sieste de l’après-midi
 Avant 6 mois

Le bébé dort quasiment toute la journée

 6 mois 3 2 à 3 heures

2 à 3 heures en deux fois

 6 mois à 1 an 2 1 à 2 heures

1 à 2 heures

 18 mois Variable 1 à 2 heures de sieste le matin et/ou

1 à 2 heures de sieste l’après-midi

 2 à 3 ans

1

2 heures

À partir de 4 mois, il est habituel qu’un bébé fasse 3 siestes par jour – le matin, après le déjeuner et l’après-midi. Pour certains bébés, les siestes posent un réel problème.

Pour aider le vôtre à trouver son rythme, il faut, dans un premier temps, l’observer et essayer de lui proposer une sieste aux heures où il présente des signaux de sommeil : frottement des yeux, regard dans le vide, bâillements à répétition, tête qui dodeline... Ensuite, proposez les siestes à horaires réguliers, dans les mêmes conditions (demi-obscurité, dans son lit, avec son doudou…) et avec un petit rituel de sommeil préalable. Si votre bébé n’a pas envie de dormir, laissez-le dans son lit le temps qu’il trouve son sommeil. Mais s’il continue à pleurer, sortez-le de son lit et laissez-le poursuivre sa journée.

Les pleurs du soir des premiers mois

Reflets de la mise en place de l’horloge interne du bébé, ils sont quasi inévitables. Ces pleurs incessants du soir se manifestent parfois dès la maternité, parfois quelques semaines plus tard. Ils sont très intenses à la fin du premier mois. Rien ne permet d’apaiser le bébé. Cette situation peut être très stressante, on peut se sentir dépassé (e), excédé(e). Si vous craignez de perdre la maîtrise de vous-même, n’hésitez pas à passer le relais à un autre adulte.

Voici quelques conseils pour vous aider à gérer la situation :

– privilégier un éclairage sombre ou l’obscurité, un lieu calme et silencieux (sa chambre par exemple) ;

– porter bébé dans les bras de sa mère ou de tout autre adulte bienveillant, immobile ou promené tranquillement en écharpe ;

– ne pas le stimuler au risque de le surexciter ;

– donner un bain détente dans l’eau tiède, sans être savonné ni manipulé, toujours dans le calme et l’obscurité, peut aider le bébé à se calmer et à s’endormir.

DE 1 à 3 ANS

Si les bonnes habitudes citées ci-dessus ont bien été prises avant 1 an, le coucher de votre enfant est un moment serein, il passe de bonnes nuits de sommeil avec 1 ou 2  siestes  en journée.

Pour aider l’enfant à garder un bon sommeil :

À privilégier

  • Gardez un rituel de coucher et privilégiez ce moment particulier avec votre enfant.
  • Utilisez ce même rituel de coucher en vacances, le week-end et en semaine.
  • Observez votre enfant et essayez de trouver l’heure de coucher qui lui convient.
  • Gardez des horaires réguliers de coucher, de lever, de siestes et d’activités.
  • Trouvez des activités stimulantes pendant la journée. Favorisez notamment l’exercice physique en plein air.
  • Diminuez l’intensité de la lumière le soir et ouvrez grand les volets,  le matin . L’alternance lumière/obscurité est importante pour synchroniser l’horloge biologique sur le rythme jour/nuit.

À éviter

  • Pas de biberon pour aider votre enfant à s’endormir.
  • Le lit de l’enfant doit être réservé au sommeil – ne pas surcharger son berceau de jouets.
  • Aller au lit ne doit pas être une punition.
  • Évitez les boissons contenant de la caféine (soda type cola).
  • Limitez le temps de télévision, surtout le soir.
  • Pas de télévision dans la chambre de votre enfant.

 

Contenus complémentaires